

Patrick Ramuz, invité clap du mois de février, nous présente ici 10 films qu'il attend avec impatience en 2012. Avec un peu chance, ces titres pourraient également faire partie des listes des meilleurs films en fin d'année. En tout cas, il y a de quoi se réjouir!
Au début de l'année, tous les magazines, sites officiels et blogs de ciné ont établi leur liste des films les plus attendus en 2012. On y retrouve beaucoup de productions américaines, ce qui – vous l'aviez peut-être deviné – n'est pas pour me déplaire. Il y a bien sûr les films-évènements, pour la plupart des blockbusters de qualité, à l'image de The Dark Knight Rises de Christopher Nolan, Prometheus de Ridley Scott, Skyfall, le nouveau James Bond dirigé par Sam Mendes et bien sûr le Bilbo de Peter Jackson. Y figurent aussi des films « d'auteur » prestigieux tels que Django Unchained, le nouveau Tarantino (je trépigne déjà d'impatience), Moonrise Kingdom de Wes Anderson, Inside Llewyn Davis des frères Coen ou Dark Shadows, la huitième collaboration entre Tim Burton et Johnny Depp...sans oublier en fin d'année The Burial de Terrence Malick et The Master, le nouveau film du génial Paul Thomas Anderson (There will be blood).
Pour changer un peu des listes habituelles, j'ai sélectionné pour vous - dans le désordre - 10 productions made in USA dont on parle moins pour l'instant mais qui pourraient bien figurer à la fin du mois de décembre 2012 dans ces autres listes dont sont friands les journalistes et les internautes, celles des meilleurs films de l'année. Il y aura certainement quelques déceptions en cours de route, mais je prends tout de même le pari que cette sélection fera honneur à ce cinéma américain de qualité que j'aime tant.
Désolé mesdames, mais il semble que Ryan Gosling soit un gars fidèle. En amitié du moins. Non seulement il poursuit sa collaboration avec Nicolas Winding Refn après le triomphe critique de Drive (Only god forgives en 2012 et préparation d'un remake de L'Âge de cristal), mais il remet également le couvert avec Derek Cianfrance, son metteur en scène de Blue Valentine, un bijou d'émotion et de délicatesse qui n'avait malheureusement pas eu les honneurs d'une sortie en salles chez nous. Le rendez-vous est pris avec ce nouveau film qui relate l'affrontement entre un pilote de moto et un flic devenu politicien. Balancé comme ça, on croirait lire le pitch d'un épisode de L'homme qui tombe à pic. Mais sachant que Cianfrance est un client tout ce qu'il y a de plus sérieux, il y a peu de chances que Colt Sivers se pointe pour détendre l'atmosphère. Je me réjouis déjà d'assister au match Ryan Gosling – Bradley Cooper, arbitré par Eva hmmmmmendes et Rose Byrne ; comme vous pouvez le constater, les moches seront de sortie.
Après les très beaux, mais très rudes, The Proposition et The Road, l'australien John Hillcoat nous revient avec un film violent écrit par Nick Cave, centré sur une famille impliquée dans le trafic d'alcool en Virginie, durant la prohibition. Le casting donne soif : Tom Hardy, Shia LaBeouf, Gary Oldman, Guy Pearce, Jessica Chastain et Mia Wasikowska. Ça promet d'être brutal, mais aussi, connaissant l'intelligence du cinéaste australien, fort et profond. J'espère en ressortir ivre de bonheur.
Le cinéaste américain James Gray a beau nous avoir déjà offert quelques grands films, il ne tourne certainement pas assez à mon goût. Il aura fallu attendre quatre longues années pour qu'il s'attèle à un nouveau projet, après le déchirant Two Lovers, l'un des meilleurs films américains des années 2000. Anciennement intitulé Low life, ce drame – pour l'instant sans titre – a pour cadre le New York des années 30. Marion Cotillard (très demandée à Hollywood) y tient le rôle d'une immigrante polonaise dont l'entrée aux Etats-Unis vire au cauchemar. L'actrice donnera la réplique au comédien fétiche de Gray, Joaquin Phoenix (il s'agit de leur quatrième film ensemble) ainsi qu'au toujours excellent Jeremy Renner. Echec commercial assuré. Aucune reconnaissance aux Oscars 2013. Grand film en vue.
Au premier abord, rien de particulier : un film d'horreur ayant pour décor principal une cabane dans les bois. Oui mais : le scénario est signé par le cultissime Joss Whedon (Buffy, Serenity, le prochain Avengers) et la bande-annonce pose les prémisses d'une histoire horrifique bien barrée baignant également dans la SF. Des beaux mecs, des jolies nanas, certes, mais surtout un film piège, qui promet d'être à la fois drôle, terrifiant et déroutant. Gros buzz autour du script et triomphe au dernier festival d'Austin, rassemblant un public de connaisseurs. Peut-être le début d'une nouvelle "franchise" ? (J'ai tout un stock d'idées vraiment super pour d'éventuelles suites : La cabane dans la boue, sur l'autoroute, dans une prison, sur la lune, chez Christophe Lambert...)
Chan-Wook Park, le réalisateur de Old boy s'attelle à un thriller psychologique en anglais dont le scénario – paraît-il excellent – a été écrit par Wentworth Miller...oui, vous avez bien lu, le gentil Michael Scofield de Prison break... Alors qu'on se désolait de voir l'acteur errer dans la pathétique saison 4 de cette série avec un air de chien battu, on ne pouvait s'empêcher de penser qu'il valait mieux que ce grand n'importe quoi télévisuel. Miller est effectivement passé à autre chose, même si personne ne l'attendait en tant que scénariste. Apparemment, ce diplômé en littérature de l'Université de Princeton a trouvé sa véritable vocation puisque son deuxième script est sur le point d'être lui aussi porté à l'écran. Si Stoker tient toutes ses promesses, on tiendrait certainement la reconversion de l'année. A l'affiche de ce suspense psychologique: la super-douée Mia Wasikowska - encore elle - et Nicole Kidman alias « Mon Dieu qu'ai-je fait à mes lèvres ? »
Il s'agit de l'autre film dans lequel joue Brad Pitt cette année et dont on parle forcément beaucoup moins que son blockbuster World War Z réalisé par Marc Forster. Question qualité, je fais confiance à Pitt qui se montre de plus en plus avisé dans ses choix au fil des années, à l'image de Di Caprio. Cogan's trade est le troisième film d'Andrew Dominik, l'auteur de L'assassinat de Jesse James par le lâche Robert Ford, film majeur des années 2000 dans lequel Brad livrait peut-être la meilleure interprétation de sa carrière. Les deux hommes se retrouvent dans un polar pur et dur ayant pour cadre le Boston des années 70, avec un casting de grands acteurs affichant un wagon de kilomètres au compteur : James Gandolfini, Ray Liotta, Sam Shepard et Richard Jenkins. Au programme, mics-macs, bons mots et suspense. Connaissant Dominik, ce devrait être aussi beaucoup plus que cela. Au pire, ce sera bon.
Clap vous a dit tout le bien qu'il pensait de Jeff Nichols et de son Take Shelter, actuellement sur les écrans... Mud est son prochain film avec Matthew McConaughey qui, semble-t-il, a décidé depuis deux ans d'arrêter les rom-com à deux balles pour bosser un peu sa technique. Reese Witherspoon est de la partie... Forcément, Michael Shannon aussi... Les premiers échos parlent d'un conte romantique avec des accents de Stand by Me. Ne vous en faites pas M. Nichols, je ne bouge pas d'ici.
Le film-concept de l'année, cousin d'un Inception et d'un Source Code. Son réalisateur Rian Johnson est l'un des auteurs américains les plus en vue du moment. Le pitch : Joseph Gordon-Levitt joue un tueur à gages qui travaille pour la mafia du futur. Après le contrat, il dispose des corps en les envoyant trente ans en arrière, sans laisser de trace et sans que le corps puisse être identifié dans le passé. Les choses se compliquent lorsque Levitt réalise que sa prochaine cible et une version future de lui-même. C'est Bruce Willis qui tient le rôle de Papy Gordon-Levitt. On parle d'un retour au premier plan de la star dégarnie, mais surtout d'une histoire hallucinante qui joue brillamment avec la notion de voyage dans le temps. En tout cas, un spectateur venu de tout droit de l'automne prochain m'a dit que c'était fabuleux. Un des chouchous de l'année ? Looper : à ne pas louper (et ça, pas besoin d'avoir été dans le futur pour l'avoir vu venir).
Le turbulent cinéaste David O. Russell nous revient avec un nouveau film deux ans après The Fighter, ce qui n'était pas gagné étant donné le nombre de projets avortés auxquels il a été associé. Dans ce drame, O'Russell suit le parcours chaotique d'un ancien professeur sorti d'un hôpital psychiatrique après quatre années d'internement et qui essaie de se réconcilier avec son ex-femme. Sont de la partie Bradley Cooper, Jennifer Lawrence (Winter's bone), Jackie Weaver, la terrifiante mère d'Animal Kingdom et Robert de Niro (lequel – on croise le doigts - nous montrera peut-être à nouveau ce qu'il sait faire dans d'autres films dignes d'intérêt tels que Red lights et Being Flynn). Distribué par Harvey Weinstein, The Silver... se profile déjà en tant que sérieux candidat aux Oscars 2013...ce qui n'est pas automatiquement un bon signe. Avec le volatile David O. Russell, rien n'est jamais acquis, mais c'est aussi cela qui fait le charme du bonhomme.
L'un des films américains les plus excitants de l'année. Il s'agit du troisième opus de Ben Affleck après les classieux Gone baby gone et The Town; un nouveau succès critique pourrait valoir à l'acteur-réalisateur d'entrer dans la cour des meilleurs auteurs américains en activité. Argo raconte la mission organisée par la CIA afin de libérer des diplomates américains pris en otages à Téhéran, lors de la fameuse crise iranienne qui dura 444 jours, de 1979 à 1981; en guise de couverture pour leur opération secrète, les agents se sont fait passer pour une équipe de cinéma hollywoodienne en repérage pour un film de science-fiction. Véridique. Comme dans The Town, Affleck tient le rôle principal et s'est entouré de pointures: Bryan Cranston (monstrueux dans la série Breaking bad), Alan Arkin et John Goodman. Un parfum d'Oscar ? On s'en fiche un peu. Un parfum de bon film s'inscrivant dans la tradition du cinéma américain des seventies suffira amplement. Je pressens quelque chose de grand, d'autant que Ben Affleck est du signe du Lion et que la semaine de la sortie de Argo, en septembre prochain, les astrologues nous prédisent que les lions auront la visite de nombreux et seront de bonne humeur. Waouh.
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