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Twixt

Twixt
Réalisateur: Francis Ford Coppola
Acteurs: Val Kilmer, Bruce Dern et Ben Chaplin
Genre: Horreur-épouvante, Romance
Pays: USA Durée: 89 mins
Age légal: 14 ans Age conseillé: 16 ans
Distributeur: Pathé Films
Date de sortie: 11.04.2012
Lien officiel: http://www.twixtmovie.com/
Critique: Loïc Valceschini
Note: *

Synopsis

** Festival Int. du Film de Toronto 2011: nomination - Prix de la Critique Internationale

Un écrivain au succès déclinant arrive dans une petite ville à l’occasion d’une tournée de promotion. Il découvre qu’un meurtre mystérieux impliquant une jeune fille s’est produit. Une nuit, en rêve, un fantôme nommé V lui raconte une étrange histoire, qui pourrait avoir un rapport avec le meurtre. Il sera surpris d’apprendre que certaines des réponses à ses questions se trouvent dans sa propre vie...

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Critique

Présenté l'année passée lors du festival de Cannes, Twixt provoqua l'intérêt par son genre et son approche décalés, ainsi que pour la 3D opportuniste qui ne concernait qu'une très faible portion du film. Ce gadget technologique mis à part, le dernier film de Francis Ford Coppola s'inscrit plutôt logiquement dans sa filmographie; en effet, loin des super-productions hollywoodiennes qui ont fait sa réputation, le cinéaste semble poursuivre ses expérimentations esthétiques tout en gardant une certaine obstination thématique, plutôt que de chercher à renouer avec le succès du passé.

Pourtant, il est bien question du passé dans Twixt, avec ce père écrivain endeuillé par le décès de sa fille, d'arrêt dans une ville hantée par un massacre ayant eu lieu une vingtaine d'années plus tôt. Développant sa fascination pour l'écriture et pour l'activité créatrice, Coppola se sert d'une construction narrative quelque peu archétypale pour relier les deux thématiques principales du film. Dominé par une approche morbide, Twixt ne tire pas sa force dans son originalité thématique, mais bien dans son traitement visuel, et dans le lien qu'il parvient à effectuer avec la narration. Toujours mû par une certaine créativité visuelle, Coppola lie le fond avec la forme, comme il l'a eu fait par le passé (dans One From The Heart, l'hypocrisie et la superficialité qui dominent un couple sont soulignés par l'éclairage aux néons et à l'aspect factice de Las Vegas). De ce mariage naît une certaine poésie que le cinéaste maitrise et fait évoluer à sa guise.

Malheureusement, cette approche visuelle s'avère réduite par l'image et son rendu technique plutôt faible. L'aspect amateur dénature ainsi la force picturale que Coppola cherche à atteindre et qu'il effleure à de nombreuses reprises, mais que certains effets visuels tendent à affaiblir par leur achèvement artistique douteux. En outre, certains points clés du récit souffrent d'une écriture vaseuse, ce qui rend les scènes au potentiel émotionnel complètement caduques. Les outils sont là et pourtant, la magie n'opère pas toujours. Alors que par le passé il parvenait avec une habileté sidérante à fusionner l'onirisme visuel au réalisme narratif, Coppola choisit dans Twixt de les séparer en deux parties distinctes (les séquences ''vécues'' contre les séquences ''rêvées''); une dichotomie décevante qui transforme les envolées lyriques en essais scolaires. Malgré quelques fulgurances puissantes, Coppola ne convainc pas totalement et semble sous la tutelle d'un David Lynch de l'époque, dont Twin Peaks hante de nombreuses scènes - la séquence finale de Fire Walk With Me provoque bien plus de sensations consternantes et dévastatrices que Twixt ne l'est de manière globale.

Bonus

Fiche pédagogique E-Media (PDF)

TWIXT, Francis Ford Coppola présente un écrivain sur le déclin (Val Kilmer) qui débarque dans une bourgade hantée par le souvenir d'un massacre d'innocents. Convaincu par le shérif local de se servir de ces événements pour un nouveau roman, il se laisse porter par des rêves qui l'amènent à fréquenter Edgar Allan Poe et le fantôme d'une des jeunes victimes. Pour rassembler ses sources, il va fouiller dans les méandres de son subconscient et y découvrir certaines réponses intimement liées à son parcours personnel. Antoine Goecking a créé le dossier du film qui est sur les écrans depuis le 24 avril :
http://www.e-media.ch/documents/showFile.asp?ID=4055

L'avis de la commission des âges

De nombreuses scènes de violence sont à relever dans ce thriller sombre (meurtres, enfants dont la gorge est tranchée, moments sanglants). L'atmosphère est mystérieuse et étrange : le protagoniste, artiste alcoolique et torturé par la culpabilité, exorcise ses angoisses à travers les rêves et l'écriture. Ses visions de vampires donnent une ambiance gothique, illustrant également ses propres fantômes. L'univers fait allusion aux grands chefs-d'oeuvre de la littérature fantastique, soit le monde d'Allan Edgar Poe et à la poésie rappelant la magie des textes de Baudelaire. Ce film offre une belle réflexion sur la manière de gérer la souffrance et la culpabilité. Certaines images, destinées à un public adulte ou à des grands adolescents avertis, peuvent heurter toutefois la sensibilité des spectateurs.

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