Les Infidèles est un film à sketches réalisé à sept : Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Emmanuelle Bercot, Fred Cavayé (Pour elle), Michel Hazanavicius (The Artist), Eric Lartigau (L’homme qui voulait vivre sa vie) et Alexandre Courtès. Et qui dit « film à sketches » dit aussi souvent « film inégal », les diverses parties étant rarement du même niveau. Dans ce cas heureusement, la sauce prend plutôt bien et on soulignera surtout une réjouissante variété de ton. Le long métrage tente quelques moments de franche rigolade mais pas seulement.
Jean Dujardin et Gilles Lellouche, à l’origine du projet, ont eu la bonne idée d’aborder leur thème – l’infidélité masculine – sous différents angles. Le sketch réalisé par leur soin, « Las Vegas », et celui de la réunion d’ « infidèles anonymes » sont par exemple traités avec une grosse dose d’humour (un peu trop grosse penseront certains). Heureusement, les deux compères ont osé aller plus loin que la simple comédie potache autour du sexe. La partie autour du loser, tentant par tous les moyens de tromper sa femme, met en avant le côté pathétique que peut parfois prendre le désir charnel. Celle autour de l’orthodontiste quarantenaire amoureux d’une Lolita de 19 ans nous en montre un aspect encore plus pitoyable, ou presque. Enfin, le sketch mettant en scène Jean Dujardin et son épouse Alexandra Lamy rappellera aux plus optimistes à quel point l’adultère peut briser l’autre. Sans crier gare, Les Infidèles réussit donc à mettre légèrement mal à l’aise, parfois, tellement il montre de face, sans tabou, la faiblesse humaine. On ne s’y attendait pas forcément.
Au final, le pari est plutôt réussi. Sans prétendre lancer un débat très poussé autour de l’infidélité, le film fait sourire mais touche aussi quelques points sensibles. Mieux, les sept réalisateurs ont réussi à apporter leur patte sans que cela ne s’éparpille dans des styles trop différents. On pourra reprocher à l’ensemble quelques gags peu subtils, mais il est vrai qu’il aurait été dommage de se censurer avec un tel sujet. Déjà que les affiches l’ont été en France…
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