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Bruegel, le moulin et la croix (The Mill and The Cross)

Bruegel, le moulin et la croix (The Mill and The Cross)
Genre: Drame historique
Pays: Pologne, Suède Durée: 92 mins
Age légal: 12 ans Age conseillé: 16 ans
Distributeur: Xenix Films
Date de sortie: 04.01.2012
Critique: Fabio Gramegna
Note: *

Synopsis

Année 1564, alors que les Flandres subissent l’occupation brutale des espagnols, Pieter Bruegel l’Ancien, achève son chef d’œuvre « Le Portement de la croix », où derrière la Passion du Christ, on peut lire la chronique tourmentée d’un pays en plein chaos.
Le film plonge littéralement le spectateur dans le tableau et suit le parcours d’une douzaine de personnages au temps des guerres de religions. Leurs histoires s’entrelacent dans de vastes paysages peuplés de villageois et de cavaliers rouges. Parmi eux Bruegel lui-même, son ami le collectionneur Nicholas Jonghelinck et la Vierge Marie

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Critique

Il y a quelques temps sortait un très beau film d’animation de Jean-François Laguionie intitulé Le Tableau. Dans un style bien différent, Bruegel, le moulin et la croix propose à nouveau à ses spectateurs de rentrer dans un tableau, cette fois-ci en les plongeant dans le contexte de création de l’une des plus célèbres œuvres du peintre flamand Bruegel l’Ancien, « Le Portement de la croix » (1564). Le contexte en question est l’occupation violente des Flandres par les Espagnols. Voilà une occasion pour le réalisateur Lech Majewski, qui s’est inspiré du livre de Michael Francis Gibson The Mill and the Cross, d’offrir une leçon d’histoire de l’art, d’histoire tout court, mais aussi une expérience visuelle unique.

Bruegel vaut tout d’abord par ce dernier aspect. En réunissant trois sources d’image – prises de vue devant un écran bleu, en paysage naturel ainsi que peintures réalisées par ses soins – Majewski a pu travailler son long métrage à la manière d’un peintre. En résulte une œuvre qui offre une sensation de jamais vu, comme seuls les meilleurs cinéastes peuvent le réussir. Chaque plan est d’une précision et d’une beauté renversantes. Mais ne croyez pour autant que tout est fixe, tel un tableau. Majewski sait également user des spécificités du cinéma quand il le faut. On retiendra notamment la magnifique scène où la caméra effectue un lent mouvement latéral (ou un travelling) nous montrant des centaines de personnages (à l’arrêt, eux) avant de monter vers la colline et le moulin, bien visibles sur le tableau en question de Bruegel. Un grand moment de cinéma.

C’est peut-être du point de vue du contenu que l’on émettra quelques réserves. Pourtant, en mettant en parallèle, comme Bruegel, des scènes de la Passion du Christ et des scènes de brutalité infligée aux petites gens par les Espagnols, le cinéaste polonais réussit un puissant contraste. De plus, les pistes de réflexion qu’il propose autour des libertés religieuses, des droits humains, toujours autant d’actualité près de 450 ans plus tard, mais également autour de l’art – lui seul ayant le pouvoir d’immortaliser des instants de vie – sont également passionnantes. Cependant, en suivant une douzaine de personnages, il inclut également de nombreux passages plus anecdotiques, qui bien que très beaux, ne retiennent pas autant l’attention. Au final, le projet de Majewski de nous faire entrer dans un tableau est donc totalement réussi, mais il semble par contre oublier que sans véritable narration, il est parfois difficile d’entrer dans un film.

Reste que l’œuvre vaut la peine d’être vue, pour les passionnés d’art ou pour les simples curieux n’ayant pas peur de la lenteur et du contemplatif au cinéma (fans de Michael Bay s’abstenir). Et reste que Lech Majewski est un grand artiste. Depuis plus de trente ans, en plus d’être un réalisateur de cinéma, il est aussi scénariste, écrivain, poète, metteur en scène de théâtre ou encore compositeur d’opéra. Pour Bruegel, il s’est impliqué, en collaboration avec d’autres, en tant que scénariste, producteur, directeur de la photographie, compositeur d’une très belle partition, et s’est occupé du design des paysages et du son. A nouveau le mot semble approprié : impressionnant.

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Commentaires

1 commentaire
Suz il y a 4 mois

Pictural à l'extrême, lent, spécial et cérébral, rare et unique.