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Blackthorn

Blackthorn
Réalisateur: Mateo Gil
Acteurs: Sam Shepard, Stephen Rea et Eduardo Noriega
Genre: Western
Pays: USA, France, Bolivie Durée: 92 mins
Age légal: 16 ans Age conseillé: 16 ans
Date de sortie: 10.02.2012
Rédacteur: Patrick Ramuz
Note: *

Synopsis

Passé pour mort depuis 1908, Butch Cassidy, le légendaire hors-la-loi, se cache en réalité en Bolivie depuis 20 ans sous le nom de James Blackthorn. Au crépuscule de sa vie, il n’aspire plus qu’à rentrer chez lui pour rencontrer ce fils qu’il n’a jamais connu. Lorsque sur sa route il croise un jeune ingénieur qui vient de braquer la mine dans laquelle il travaillait, Butch Cassidy démarre alors sa dernière chevauchée…

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Critique

Même si le western de Mateo Gil a pour héros un Butch Cassidy sexagénaire, il ne doit pas être considéré comme une suite du classique de George Roy Hill (Butch Cassidy et le Kid, 1968). De son propre aveu, le réalisateur espagnol s'est davantage inspiré du travail de Sam Peckinpah, en particulier de son chef-d’œuvre La Horde sauvage. Pat Garrett & Billy the Kid, le grand film malade du plus rebelle des cinéastes américains, nous vient également à l'esprit.

Blackthorn s'inscrit naturellement dans la tradition des westerns atypiques et élégiaques des années 70. Son histoire simple avance au pas dans des décors majestueux, son héros est aussi taiseux que mélancolique et les gunfights, rares et brefs, n'ont rien d'exaltant. Dépassé par un monde moderne dominé par le cynisme et la cupidité, le vieux Butch Cassidy s'accroche à ses vieux principes et fait figure de vestige du Far West d'antan, sur le point de disparaître.

On est heureux de retrouver l'excellent Sam Shepard en tête d'affiche.  Depuis les années 90, l'acteur-écrivain-dramaturge-scénariste est surtout apparu en tant que guest star de luxe dans des projets plus ou  moins recommandables, à tel point que l'on avait oublié la puissance de son jeu. Shepard se montre impérial de bout en bout dans ce film fort bien construit et magnifié par une photographie remarquable; à cet égard, la longue séquence de la poursuite dans le désert de sel est une pure merveille.

Petit pincement au cœur pourtant : Blackthorn est une coproduction hispano-americano-bolivo-française (à vos souhaits) dont le montage financier semble avoir été extrêmement laborieux, à en juger par la longue liste de partenaires qui défile lors du générique d'ouverture. On est content que ce film existe et qu'il soit nominé à 11 reprises aux Goyas 2012 (les récompenses du cinéma espagnol). Mais on ne peut s'empêcher de regretter le temps, pas si éloigné que cela, où ce noble western aurait eu les honneurs d'une distribution sous la bannière d'un studio hollywoodien, fier d'ajouter une pierre à l'édifice  bâti par les John Ford, Raoul Walsh, Howard Hawks, Anthony Mann et autres John Sturges. Aujourd'hui, Hollywood préfère créer de nouvelles mythologies (super-héros, grandes sagas pour ados à gogo) plutôt que de nourrir les anciennes. Bientôt, les fans de western ne devront leur salut qu'au culot et à la persévérance d'une poignée de cinéastes nostalgiques, de plus en plus isolés dans leur admiration pour un genre devenu désuet. « Décidemment, tout fout le camp !» semblent nous dire en chœur les vieux de la vieille Butch Cassidy et Sam Shepard.